Ça carbure à la burqa !

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Je profite du “débat” sur la burqa (ou le niqab ou je ne sais quelle autre invention du diable…) pour exhumer un concept que j’avais proposé il y a pas mal d’années à la marque de lingerie Rosy qui souhaitait réanimer sa notoriété avec une campagne qui marquerait les esprits.
Un des concepts que j’avais soumis (cf. ci-dessus) suggérait que, sous la barbarie textile imposée par la mâle frustration, le désir de séduction restait le plus fort. Cette idée m’avait été inspirée par un reportage sur les femmes iraniennes qui les montrait très préoccupées par leur apparence et où on les voyait, chaque matin, se maquiller, se pomponner avant d’enfiler leurs “scaphandres autonomes” pour leur immersion quotidienne dans la vie publique.
Comme je l’avais pressenti, Rosy avait été intéressée par ce concept mais n’avait pas souhaité donner suite…

Pour en revenir à ce fameux débat qui embrase la France et ses médias, bien plus sûrement que la crise, le chômage, la précarité, le déficit et autres plaies réelles, j’ai bien peur que les vraies intentions de ceux qui agitent ce morceau de tissu comme étendard de leurs vertus républicaines ne soient pas très reluisantes. A chacun son minaret !…

Mes travaux sont visibles sur mon site professionnel : http://www.michelcollin.com

Publié dans : Actualité |le 27 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

La belle et le bête

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Lu ce matin dans la presse un extrait du bouquin de souvenirs de Balkany relatant sans pudeur une supposée liaison avec Brigitte Bardot. On imagine mal le couple Balkany/Bardot à l’époque de la grandeur de Bardot. Car, même si Balkany et Bardot rivalisent aujourd’hui de vulgarité, il ne faut pas oublier que Bardot fut un mythe alors que Balkany n’a jamais été que médiocre…

Publié dans : Non classé |le 19 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

Coke en Stock

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Pour illustrer la disparition du célèbre photographe Dennis Stock, la plupart des supports qui ont choisi de traiter le sujet ce matin accompagnent leur papier de la photo mythique de James Dean, un matin de l’hiver 55 sur Times Square. Pour des raisons exclusivement pratiques, l’image est découpée pour répondre aux exigences des espaces octroyés et même souvent torturée jusqu’à devenir panoramique pour s’insérer entre un chapo et un texte stéréotypé.

Pourquoi les rédacteurs vouent-ils un tel mépris à une photo qu’ils admettent pourtant comme mythique, en l’utilisant au gré des espaces qui leurs sont dédiés, sans aucun respect pour le cadrage voulu par son auteur ?

Que devient cette photo, amputée des gouttes sur la flaque d’eau du premier plan ? Toute la mélancolie du personnage est transmutée par le prolongement de son reflet dissous par les ondes de pluie sur la chaussée déserte. Quant au ciel de plomb qui semble lui faire ployer les épaules, il est un des acteurs principaux de cette scène définitive sans lequel l’image perd une grande partie de son sens malgré la formidable photogénie du sujet.

Publié dans : Actualité |le 18 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

L’atmosphère de Pandora

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A l’entrée du cinéma, je saisis des lunettes plutôt lourdes, loin des lunettes vert et rouge en carton de mon enfance qui transformaient la vision stéréoscopique en séance de torture. Dès le début du film, je suis tenté de comparer avec et sans lunettes. Avec les lunettes, le film semble recouvert d’un voile gris qui en atténue la luminosité et les contrastes et je trouve gênant d’être ainsi “bridé” par une prothèse, d’autant plus que l’effet 3D n’est pas immédiatement perceptible. Je soulève et abaisse quelques minutes encore mes lunettes avant d’être finalement “aspiré” par un spectacle ahurissant.
Le reste est un enchantement procuré par des décors et des personnages extraordinaires dont la magie est amplifiée par un effet stéréo véritablement bluffant.

J’assiste à une “rupture épistémologique” appliquée au domaine du spectacle. C’est, en plus, une excellente nouvelle pour le cinéma qui, grâce à une technologie judicieusement employée, s’extrait, pour un temps encore, de la rivalité des DVD, Blue Ray et autres écrans plats de la sphère privée.

Le récit est à la hauteur des prétentions techniques. J’ai beaucoup lu parmi les critiques qu’il s’agissait d’un énième film manichéen où s’opposeraient David et Goliath. Ce film, s’il est parfois manichéen est, en tout cas, le premier film depuis “Apocalypse Now” qui donne à l’armée américaine*, loin du sempiternel stéréotype d’armée libératrice, le rôle d’une bande de mercenaires au service de la cupidité. Même les ONG y sont traitées à travers le prisme d’une certaine vision critique puisque, au-delà des bons sentiments associés, elles sont ici dénoncées comme le “cheval de Troie” d’un impérialisme implacable. Quant à la fable écologique, si simpliste soit-elle, elle est évidemment d’actualité au moment où vient de se dérouler la “tragédie de Copenhague”.

James Cameron, loin du stéréotype, fabrique des mythes qui s’appuient sur nos archétypes. L’histoire d’amour entre l’indigène de Pandora et le soldat blessé échappe à la bluette par la transgression qu’elle suppose et la lente initiation qui conduit à l’incorporation (dans tous les sens du terme…).
Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous incite, comme vous l’aurez compris, à vous déplacer pour voir ce film sans vous soucier d’un consensus que j’admets pouvoir être dissuasif.

* En l’occurence, il s’agit ici d’une armée “terrienne” mais qui a tous les contours de son homologue américaine.

Publié dans : Actualité |le 18 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

Gillette sur la sellette

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Les captures d'écran 1 et 2 sont authentiques, seule la capture d'écran 3, où l'on voit Tiger Woods débarrassé de son club, a été retouchée.

 
Après la main de Thierry Henry lors du match de l'équipe de France pour la qualification au mondial, beaucoup d'observateurs s'étaient aperçus avec stupeur que la photo du site Gillette avait été retouchée dans sa version française (le ballon avait été enlevé de la main du fautif, la version irlandaise étant restée intacte !…). Décision hâtive d'une direction de la communication qui voulait prouver sa réactivité ou initiative isolée d'un webmaster plus zêlé que malin ? En tous cas, l'effet avait été désastreux.

Visiblement, la pression du lynchage médiatique avait supplanté le temps de la réflexion comme ce fut le cas quelques années auparavant avec Kate Moss, lâchée par ses sponsors (H&M, Burberry's…) sitôt la parution d'une photo la montrant sniffant de la coke. La marque Longchamp avait opportunément tiré son épingle du jeu en consacrant quelques mois plus tard le mannequin sous le signe de la rédemption.

Gillette n'est pas au bout de ses peines puisque la marque vient d'annoncer son intention de “prendre ses distances” avec Tiger Woods après l'étalage de ses déboires conjugaux. Va-t-on, lui aussi, le priver de son “instrument” (je pensais à son club de golf, bien sûr…) ?

J'attends avec impatience que Roger Federer, seul survivant d'une saga publicitaire pleine de promesses, fasse publiquement l'aveu de son opposition à la construction de minarets en Suisse…

Publié dans : Actualité |le 14 décembre, 2009 |Pas de Commentaires »

Platon et les leaders du monde

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La galerie de portraits composée avec les visages des plus grands dirigeants du monde et qu'on peut admirer sur la home-page du “New Yorker”, ressemble à première vue à l'organigramme d'une grande société. Pourtant, elle n'a pas le caractère “empesé” de l'illustration convenue des pages “gouvernance” de maints rapports annuels. Les visages y sont amusés, épanouis, libérés et les expressions évoquent à s'y méprendre les images des “photomatons*” saisies après que celles destinées au passeport aient été flashées. Le portrait du dirigeant iranien est un des seuls, avec celui de Evo Morales ou de Hugo Chavez à être détouré sur un fond noir, ce qui leur confère un ton plus grave que pour les autres portraits. Malgré cela, Mahmoud Ahmadinejad qui, bizarrement, semble avoir joué le jeu, offre un visage saisissant dont l'arrogance coutumière a disparu, sans doute à cause des circonstances de la prise de vue, en marge des tensions politiques.

Le portfolio est interactif et permet d'entendre le commentaire de l'auteur sur le personnage et les conditions de la prise de vue. D'après le photographe (Platon), Sarkozy aurait dédaigneusement décliné l'invitation.

www.newyorker.com

*A propos de “photomaton”, accédez à une expérience très marrante sur ce site : http://laphotocabine.com

Publié dans : Actualité |le 4 décembre, 2009 |Pas de Commentaires »

Les marchands de bonheur

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Si l'ampleur de la crise que nous traversons se mesure à la fréquence d'utilisation des mots “joie”, bonheur”, “heureux” par la publicité, il y a de quoi s'inquiéter.
La “fin du superficiel”, la “quête de sens”, le “retour aux fondamentaux”, toutes ces formules creuses et autres billevisées entendues ici et là dans la bouche de publicitaires éminents, accouchent finalement d'une communication rétrograde qui justifie ainsi son manque d'ambition et sa frilosité créative.

La “méthode coué” tient lieu de stratégie de communication.

Sous prétexte de revenir à des valeurs fondamentales, la publicité emprunte, sans le savoir, des voies qui puisent leur inspiration dans un passé où le choix judicieux d'une voiture, la découverte d'un nouveau réfrigérateur suffisaient à vendre un bonheur familial calibré, une époque où la publicité s'appelait encore “réclame”. Où sont les “plus produits” dans la promesse du bonheur (LCL, Bmw, Carrefour…) ?

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Publié dans : Actualité |le 23 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

La respiration d’un mur

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Arnaud Jourdain vient de réaliser un travail superbe en créant une animation à partir de 5 ans de prises de vues du mur d'enceinte de la maison de Serge Gainsbourg. Sa réalisation donne tout son sens aux différentes strates de grafitis qui recouvrent la construction. L'image s'anime comme la reconstitution de l'histoire géologique d'un terrain, un terrain fondamentalement humain.
http://www.vimeo.com/6704105

Publié dans : Actualité |le 23 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

2009, la FIAC en son palais

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Au même titre que le Festival de Cannes qui, après une première semaine généralement pluvieuse, annonce les “beaux jours”, la FIAC est un rite saisonnier auquel je sacrifie, entre les vendanges (j'ai depuis peu un pied dans les vignes) et les potirons d'Halloween. Cette année, aucun mouvement visible, aucune tendance pour faire oublier la magnificence de la canopée du Grand-Palais, écrin surdimensionné vers lequel tous les regards se portent, plus sûrement que sur les cloisons des galeries. Les “vieilles valeurs”, au fil des sentiers balisés, assurent le spectacle : la galerie Seroussi consent à mettre en branle quelques “Tinguely” à la demande de Madame Veil que j'ai l'honneur de cotoyer sur le stand. La galerie Applicat-Prazan attire une foule de badauds grâce à de superbes “Soulages” peints dans les années 50 et qui font écho à la rétrospective du Centre Pompidou. La progression du peintre depuis 50 ans, toute en subtilité, est marquée par l'évolution de sa gestuelle qui, d'animale est presque devenue clinique, magnifique d'une rigueur maîtrisée.
Derrière la vitrine du “cendrier” de Damien Hirst, je cherche en vain des incrustations de diamants ou des traces d'or qui pourraient conférer à l'œuvre une quelconque valeur. Quelques “Garouste” ayant acquis la force d'un “Rouault” impressionnent tandis que l'envoûtement d'un “Basquiat” opère encore.
Comme chaque année, je suis trop couvert et le soleil qui darde à travers les verrières m'incite à sortir prendre l'air.

Publié dans : Actualité |le 2 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

L’origine de la violence - Fabrice Humbert

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Un peu en marge de l'actualité, je voulais profiter de ces lignes pour parler d'un livre dont j'ai tourné la dernière page hier soir.
L'origine de la violence est un de ces bouquins magnétiques qui combine la séduction du polar et le ravissement de l'intelligence.

Un jeune prof de français, qui fait visiter le camp de Buchenwald à ses élèves, découvre, sur une photo exposée, un personnage dont son père se révèle le sosie.
Après quelques recherches, il apprend que le prisonnier du camp de concentration est son grand-père. La suite est une enquête au sein des deux familles, celle où il a vécu et l'autre, dont il ignorait tout.
Ce qui est remarquable, c'est cette capacité à universaliser ce qui pourrait n'être qu'une histoire de famille comme la littérature en produit tant. L'histoire de la famille Fabre devient alors, par extension, notre propre Histoire.
Suivant le même principe, ce texte porte en germe ses “hypertextes”. Ainsi, la galerie de portraits brossée au fil du récit, trouve son prolongement dans les pages sombres des livres d'histoire. Ilse Koch, “la chienne de Buchenwald”, comme Martin Sommer, un des pires bourreaux qu'ait connus le camp de Buchenwald, suscitent des recherches (auxquelles je me suis adonné) dès qu'il apparaît que le récit s'appuie sur la vérité historique.

Le propos de ce roman est l'obstacle récurrent auquel se heurte le héros, face à sa famille mais aussi face à sa nouvelle petite amie allemande et qui est résumé par une phrase prononcée par son grand-père “officiel” sur son lit de mort : “l'essentiel c'est l'oubli, tout savoir pour oublier parce que la vie est dans l'oubli…”.
Fabrice Humbert s'est certainement souvenu de la postface de “si c'est un homme” (Primo Levi), signée par Angelo Rinaldi : “…si la littérature n'est pas pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité.”

Publié dans : Actualité |le 27 octobre, 2009 |Pas de Commentaires »