Archive pour octobre, 2009

L’origine de la violence – Fabrice Humbert

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Un peu en marge de l’actualité, je voulais profiter de ces lignes pour parler d’un livre dont j’ai tourné la dernière page hier soir.
L’origine de la violence est un de ces bouquins magnétiques qui combine la séduction du polar et le ravissement de l’intelligence.

Un jeune prof de français, qui fait visiter le camp de Buchenwald à ses élèves, découvre, sur une photo exposée, un personnage dont son père se révèle le sosie.
Après quelques recherches, il apprend que le prisonnier du camp de concentration est son grand-père. La suite est une enquête au sein des deux familles, celle où il a vécu et l’autre, dont il ignorait tout.
Ce qui est remarquable, c’est cette capacité à universaliser ce qui pourrait n’être qu’une histoire de famille comme la littérature en produit tant. L’histoire de la famille Fabre devient alors, par extension, notre propre Histoire.
Suivant le même principe, ce texte porte en germe ses « hypertextes ». Ainsi, la galerie de portraits brossée au fil du récit, trouve son prolongement dans les pages sombres des livres d’histoire. Ilse Koch, « la chienne de Buchenwald », comme Martin Sommer, un des pires bourreaux qu’ait connus le camp de Buchenwald, suscitent des recherches (auxquelles je me suis adonné) dès qu’il apparaît que le récit s’appuie sur la vérité historique.

Le propos de ce roman est l’obstacle récurrent auquel se heurte le héros, face à sa famille mais aussi face à sa nouvelle petite amie allemande et qui est résumé par une phrase prononcée par son grand-père « officiel » sur son lit de mort : « l’essentiel c’est l’oubli, tout savoir pour oublier parce que la vie est dans l’oubli… ».
Fabrice Humbert s’est certainement souvenu de la postface de « si c’est un homme » (Primo Levi), signée par Angelo Rinaldi : « …si la littérature n’est pas pour rappeler les morts aux vivants, elle n’est que futilité. »

Publié dans:Actualité |on 27 octobre, 2009 |Pas de commentaires »

Le sacri-fils

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Epilogue attendu dans « l’affaire de l’EPAD » : le fils se retire de la course à la présidence non sans réaffirmer qu’il ne lâche rien. L’incident est clos, l’honneur est sauf… A noter les efforts un peu pathétiques du conseil en communication de Jean Sarkozy qui, dans une stratégie caricaturale lui a fait endosser dans ses ultimes interventions télévisées, un accoutrement digne d’un cadre d’établissement financier de La Défense (cheveux courts, chatains, petites lunettes sages, swatch à 75 euros au poignet !…). Finies les mèches blondes romantiques de « Charmant ». Une façon de dire : « vous voyez, j’avais la capacité à me glisser dans la peau du rôle que vous me refusez… ». Aurait-il trop tardé à revêtir la robe de bure qui convenait ?

Publié dans:Actualité |on 23 octobre, 2009 |Pas de commentaires »

Humanisme ou « pensée unique » ?

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Je suis, évidemment, opposé à la promotion de l’anorexie sous toutes ses formes et notamment dans la représentation de la femme que la publicité et la mode mettent en scène. Néanmoins, cette cause atteint ses limites quand il s’agit – comme c’est le cas cette semaine – de fustiger des annonces Ralph Lauren (cf. ci-dessus). De toute évidence, l’intention est ici de « construire » un territoire de communication pour la marque en utilisant des images à caractère unique. Ces photos, au-delà d’images retouchées sont des illustrations au même titre que les images autrefois conçues par Jean-paul Goude (la technique a évolué et on est passé du montage d’ektas à photoshop) qui n’ont pas la prétention de vouloir faire croire à une quelconque réalité.

L’outrance des images de Ralph Lauren est une outrance assumée comme telle. Comme d’habitude, l’enfer est pavé de bonnes intentions et il ne faudrait pas que les excès liés à une cause juste deviennent un frein à la création, une forme de censure insidieuse. Imaginerait-on reprocher à Giacometti d’encourager l’anorexie ou à Balthus de promouvoir la pédophilie ?

Publié dans:Actualité |on 17 octobre, 2009 |Pas de commentaires »

Sacré Mougeotte !

Un édito inouï ce matin dans Le Figaro, signé d’Etienne Mougeotte ! Son ton est digne des grandes heures de La Pravda. Tout y est : le ton paternaliste (« la fin de la récréation »), la mise en perspective des vraies priorités qui devraient mobiliser la France et les Français en opposition aux « turlupinades » de la politique (?) qui égarent les Français. Mais le mieux vient à la fin quand Mougeotte, par l’emploi du « on » (nous), se prend carrément pour le Premier Ministre, avec le pouvoir de nommer et de démettre les ministres qui ne seraient pas conformes à la charte sarkozienne.

Je ne résiste pas à citer ci-dessous le fameux édito :

« Alors que la plupart des chefs d’État étrangers tentent de sortir leur pays du marasme, les Français se régalent des polémiques qui touchent successivement les membres du gouvernement. Il serait temps de passer aux choses sérieuses. Par Étienne Mougeotte

Les Français sont épatants !
Pendant que Vladimir Poutine négocie pour 100 milliards de dollars de contrat avec la Chine.
Pendant que Barack Obama mêle de front une réforme historique du système de santé américain et la redéfinition du rôle de l’Amérique dans le monde.
Pendant que Lula conjugue le développement accéléré du Brésil et l’entrée de son pays dans le concert des nations.
Pendant que la plupart des pays, petits ou grands, mobilisent leurs énergies pour vaincre la plus grande crise économique que le monde ait connue depuis cent ans, nos sympathiques compatriotes se délectent d’un petit jeu de massacre aux cibles tournantes.

De la vidéo de Brice Hortefeux aux écrits passés de Frédéric Mitterrand, en passant par l’élection de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad, c’est tout de même bien l’écume des jours qui nourrit ces polémiques publiques.
Comme si, un peu à la manière dont les chansonniers traitaient de l’actualité au siècle dernier, on ramenait le débat politique à l’apparence et au dérisoire pour éviter de traiter les vrais sujets.

Le président de la République s’efforce dans l’interview que nous publions vendredi de siffler la fin de la récréation, alors qu’il aborde son «mi-mandat» dans une bien meilleure situation personnelle que chacun de ses prédécesseurs de la Ve République. Il est bien normal que l’opposition, sans projet, sans programme, sans leader, fasse ses choux gras de chaque couac de l’exécutif.

Encore que si le Parti socialiste veut espérer reconquérir l’Élysée, il serait bien inspiré de traiter des vrais sujets de préoccupation des Français, plutôt que des ratés de la fanfare gouvernementale.

À ce propos, si certains ou certaines ministres se sentent mal à l’aise au gouvernement, la porte est grande ouverte. On ne les retiendra pas. Quant à la majorité parlementaire, députés et sénateurs confondus, on lui recommande la lecture de l’interview du président. La volonté du chef de l’État de revenir aux fondamentaux du sarkozysme est claire : défense de l’appareil industriel, priorité à la croissance, refus d’augmenter la pression fiscale, sévérité sur l’immigration, renforcement de la sécurité. Voilà de quoi faire réfléchir celles et ceux dans la majorité qui voudraient subrepticement supprimer le bouclier fiscal, saborder la réforme des collectivités ou enterrer la taxe carbone. Car, si les Français s’amusent volontiers un instant des «turlupinades» de la politique, ils s’attendent surtout à ce que ceux qu’ils ont élus s’attaquent aux graves problèmes du moment. »

Publié dans:Actualité |on 16 octobre, 2009 |Pas de commentaires »

Jean Sarkozy est un enfant gâté : à 15 ans, l’IPOD, à 23, l’EPAD.

La « nomination » de Jean Sarkozy est évidemment scandaleuse et déborde bien au-delà de nos frontières. Mais cette risée internationale n’est pas le seul « dommage collatéral » de cette affaire : que dire en effet de l’effet démobilisateur auprès des familles dont les enfants, malgré leur réussite aux examens, peinent à trouver un stage non rémunéré alors qu’un de leurs camarades de classe, cancre parmi les cancres, est propulsé à la tête du plus gros quartier d’affaires européen…

Mais comment en vouloir à notre ami Jean d’accepter de fouler le tapis rouge que tous les courtisans (ou ceux qui voudraient le devenir) déroulent sous ses pieds depuis des années pour lui permettre d’accéder, rapidement et sans se salir les pieds, aux plus hautes marches du pouvoir ? Il ne s’agit, en effet, nullement de népotisme, comme on l’a maintes fois entendu depuis quelques jours, mais d’un phénomène qui échappe en partie à la « famille règnante » et qui est le fait de ceux qui veulent se faire bien voir du roi. L’allégeance d’une grande partie des journalistes à l’égard du pouvoir procède de la même « mécanique courtisane » : nul n’est besoin  pour Sarkozy de pratiquer la censure puisque l’auto-censure fonctionne à merveille…

Publié dans:Actualité |on 14 octobre, 2009 |Pas de commentaires »

Treiber

On nous avait décrit un abruti, un serial-killer, une brute épaisse, un homme des bois… et on découvre, à l’occasion de sa cavale, un être rusé, malin, très organisé… et même sentimental. Rien à voir en tous cas avec un mec assez con pour enterrer ses victimes dans son jardin… Logiquement, le doute s’installe concernant sa culpabilité.

Et puis, on s’interroge également sur l’immense responsabilité des médias dans la description qui avait été faite de lui. C’est sûr qu’avec sa gueule de psychopathe, ce n’était pas la peine de chercher plus loin, son « CV » était servi sur un plateau…

Publié dans:Actualité |on 13 octobre, 2009 |Pas de commentaires »

Clearstream

Même si je n’ai jamais eu la moindre sympathie pour les dirigeants de l’UMP, je serais embêté de voir de Villepin chuter à l’issue du procès Clearstream. Je ne peux m’empêcher de déceler chez lui une certaine dose de courage et un sang froid exemplaire. Le personnage, de plus, s’exprime avec un panache rare, tout ce qui manque à qui vous savez, qu’on imagine, dans l’ombre, suivre minute par minute ce procès qu’il feint prendre de haut… La vérité concernant de Villepin est qu’il n’est certainement pas à l’origine du « complot » mais qu’il n’est certainement pas non plus resté insensible à l’opportunité de créer des soucis à son « ennemi intime ». Quand on sait l’attachement à Chirac (et donc à de Villepin) au sein de l’UMP, on ne peut s’empêcher de penser que ce parti doit connaître des dissensions internes proches de l’implosion. Sa qualité première est sans doute de savoir les contenir. Mais, comme le pronostiquait le professeur Laborit, gare aux atteintes organiques qu’une trop grande frustration peut engendrer…

Publié dans:Actualité |on 13 octobre, 2009 |Pas de commentaires »

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