L’atmosphère de Pandora

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A l’entrée du cinéma, je saisis des lunettes plutôt lourdes, loin des lunettes vert et rouge en carton de mon enfance qui transformaient la vision stéréoscopique en séance de torture. Dès le début du film, je suis tenté de comparer avec et sans lunettes. Avec les lunettes, le film semble recouvert d’un voile gris qui en atténue la luminosité et les contrastes et je trouve gênant d’être ainsi « bridé » par une prothèse, d’autant plus que l’effet 3D n’est pas immédiatement perceptible. Je soulève et abaisse quelques minutes encore mes lunettes avant d’être finalement « aspiré » par un spectacle ahurissant.
Le reste est un enchantement procuré par des décors et des personnages extraordinaires dont la magie est amplifiée par un effet stéréo véritablement bluffant.

J’assiste à une « rupture épistémologique » appliquée au domaine du spectacle. C’est, en plus, une excellente nouvelle pour le cinéma qui, grâce à une technologie judicieusement employée, s’extrait, pour un temps encore, de la rivalité des DVD, Blue Ray et autres écrans plats de la sphère privée.

Le récit est à la hauteur des prétentions techniques. J’ai beaucoup lu parmi les critiques qu’il s’agissait d’un énième film manichéen où s’opposeraient David et Goliath. Ce film, s’il est parfois manichéen est, en tout cas, le premier film depuis « Apocalypse Now » qui donne à l’armée américaine*, loin du sempiternel stéréotype d’armée libératrice, le rôle d’une bande de mercenaires au service de la cupidité. Même les ONG y sont traitées à travers le prisme d’une certaine vision critique puisque, au-delà des bons sentiments associés, elles sont ici dénoncées comme le « cheval de Troie » d’un impérialisme implacable. Quant à la fable écologique, si simpliste soit-elle, elle est évidemment d’actualité au moment où vient de se dérouler la « tragédie de Copenhague ».

James Cameron, loin du stéréotype, fabrique des mythes qui s’appuient sur nos archétypes. L’histoire d’amour entre l’indigène de Pandora et le soldat blessé échappe à la bluette par la transgression qu’elle suppose et la lente initiation qui conduit à l’incorporation (dans tous les sens du terme…).
Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous incite, comme vous l’aurez compris, à vous déplacer pour voir ce film sans vous soucier d’un consensus que j’admets pouvoir être dissuasif.

* En l’occurence, il s’agit ici d’une armée « terrienne » mais qui a tous les contours de son homologue américaine.

Publié dans : Actualité |le 18 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

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