Gillette sur la sellette

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Les captures d’écran 1 et 2 sont authentiques, seule la capture d’écran 3, où l’on voit Tiger Woods débarrassé de son club, a été retouchée.

 
Après la main de Thierry Henry lors du match de l’équipe de France pour la qualification au mondial, beaucoup d’observateurs s’étaient aperçus avec stupeur que la photo du site Gillette avait été retouchée dans sa version française (le ballon avait été enlevé de la main du fautif, la version irlandaise étant restée intacte !…). Décision hâtive d’une direction de la communication qui voulait prouver sa réactivité ou initiative isolée d’un webmaster plus zêlé que malin ? En tous cas, l’effet avait été désastreux.

Visiblement, la pression du lynchage médiatique avait supplanté le temps de la réflexion comme ce fut le cas quelques années auparavant avec Kate Moss, lâchée par ses sponsors (H&M, Burberry’s…) sitôt la parution d’une photo la montrant sniffant de la coke. La marque Longchamp avait opportunément tiré son épingle du jeu en consacrant quelques mois plus tard le mannequin sous le signe de la rédemption.

Gillette n’est pas au bout de ses peines puisque la marque vient d’annoncer son intention de « prendre ses distances » avec Tiger Woods après l’étalage de ses déboires conjugaux. Va-t-on, lui aussi, le priver de son « instrument » (je pensais à son club de golf, bien sûr…) ?

J’attends avec impatience que Roger Federer, seul survivant d’une saga publicitaire pleine de promesses, fasse publiquement l’aveu de son opposition à la construction de minarets en Suisse…

Publié dans : Actualité | le 14 décembre, 2009 |Pas de Commentaires »

Platon et les leaders du monde

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La galerie de portraits composée avec les visages des plus grands dirigeants du monde et qu’on peut admirer sur la home-page du « New Yorker », ressemble à première vue à l’organigramme d’une grande société. Pourtant, elle n’a pas le caractère « empesé » de l’illustration convenue des pages « gouvernance » de maints rapports annuels. Les visages y sont amusés, épanouis, libérés et les expressions évoquent à s’y méprendre les images des « photomatons* » saisies après que celles destinées au passeport aient été flashées. Le portrait du dirigeant iranien est un des seuls, avec celui de Evo Morales ou de Hugo Chavez à être détouré sur un fond noir, ce qui leur confère un ton plus grave que pour les autres portraits. Malgré cela, Mahmoud Ahmadinejad qui, bizarrement, semble avoir joué le jeu, offre un visage saisissant dont l’arrogance coutumière a disparu, sans doute à cause des circonstances de la prise de vue, en marge des tensions politiques.

Le portfolio est interactif et permet d’entendre le commentaire de l’auteur sur le personnage et les conditions de la prise de vue. D’après le photographe (Platon), Sarkozy aurait dédaigneusement décliné l’invitation.

www.newyorker.com

*A propos de « photomaton », accédez à une expérience très marrante sur ce site : http://laphotocabine.com

Publié dans : Actualité | le 4 décembre, 2009 |Pas de Commentaires »

Les marchands de bonheur

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Si l’ampleur de la crise que nous traversons se mesure à la fréquence d’utilisation des mots « joie », bonheur », « heureux » par la publicité, il y a de quoi s’inquiéter.
La « fin du superficiel », la « quête de sens », le « retour aux fondamentaux », toutes ces formules creuses et autres billevisées entendues ici et là dans la bouche de publicitaires éminents, accouchent finalement d’une communication rétrograde qui justifie ainsi son manque d’ambition et sa frilosité créative.

La « méthode coué » tient lieu de stratégie de communication.

Sous prétexte de revenir à des valeurs fondamentales, la publicité emprunte, sans le savoir, des voies qui puisent leur inspiration dans un passé où le choix judicieux d’une voiture, la découverte d’un nouveau réfrigérateur suffisaient à vendre un bonheur familial calibré, une époque où la publicité s’appelait encore « réclame ». Où sont les « plus produits » dans la promesse du bonheur (LCL, Bmw, Carrefour…) ?

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Publié dans : Actualité | le 23 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

La respiration d’un mur

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Arnaud Jourdain vient de réaliser un travail superbe en créant une animation à partir de 5 ans de prises de vues du mur d’enceinte de la maison de Serge Gainsbourg. Sa réalisation donne tout son sens aux différentes strates de grafitis qui recouvrent la construction. L’image s’anime comme la reconstitution de l’histoire géologique d’un terrain, un terrain fondamentalement humain.
http://www.vimeo.com/6704105

Publié dans : Actualité | le 23 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

2009, la FIAC en son palais

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Au même titre que le Festival de Cannes qui, après une première semaine généralement pluvieuse, annonce les « beaux jours », la FIAC est un rite saisonnier auquel je sacrifie, entre les vendanges (j’ai depuis peu un pied dans les vignes) et les potirons d’Halloween. Cette année, aucun mouvement visible, aucune tendance pour faire oublier la magnificence de la canopée du Grand-Palais, écrin surdimensionné vers lequel tous les regards se portent, plus sûrement que sur les cloisons des galeries. Les « vieilles valeurs », au fil des sentiers balisés, assurent le spectacle : la galerie Seroussi consent à mettre en branle quelques « Tinguely » à la demande de Madame Veil que j’ai l’honneur de cotoyer sur le stand. La galerie Applicat-Prazan attire une foule de badauds grâce à de superbes « Soulages » peints dans les années 50 et qui font écho à la rétrospective du Centre Pompidou. La progression du peintre depuis 50 ans, toute en subtilité, est marquée par l’évolution de sa gestuelle qui, d’animale est presque devenue clinique, magnifique d’une rigueur maîtrisée.
Derrière la vitrine du « cendrier » de Damien Hirst, je cherche en vain des incrustations de diamants ou des traces d’or qui pourraient conférer à l’œuvre une quelconque valeur. Quelques « Garouste » ayant acquis la force d’un « Rouault » impressionnent tandis que l’envoûtement d’un « Basquiat » opère encore.
Comme chaque année, je suis trop couvert et le soleil qui darde à travers les verrières m’incite à sortir prendre l’air.

Publié dans : Actualité | le 2 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

L’origine de la violence – Fabrice Humbert

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Un peu en marge de l’actualité, je voulais profiter de ces lignes pour parler d’un livre dont j’ai tourné la dernière page hier soir.
L’origine de la violence est un de ces bouquins magnétiques qui combine la séduction du polar et le ravissement de l’intelligence.

Un jeune prof de français, qui fait visiter le camp de Buchenwald à ses élèves, découvre, sur une photo exposée, un personnage dont son père se révèle le sosie.
Après quelques recherches, il apprend que le prisonnier du camp de concentration est son grand-père. La suite est une enquête au sein des deux familles, celle où il a vécu et l’autre, dont il ignorait tout.
Ce qui est remarquable, c’est cette capacité à universaliser ce qui pourrait n’être qu’une histoire de famille comme la littérature en produit tant. L’histoire de la famille Fabre devient alors, par extension, notre propre Histoire.
Suivant le même principe, ce texte porte en germe ses « hypertextes ». Ainsi, la galerie de portraits brossée au fil du récit, trouve son prolongement dans les pages sombres des livres d’histoire. Ilse Koch, « la chienne de Buchenwald », comme Martin Sommer, un des pires bourreaux qu’ait connus le camp de Buchenwald, suscitent des recherches (auxquelles je me suis adonné) dès qu’il apparaît que le récit s’appuie sur la vérité historique.

Le propos de ce roman est l’obstacle récurrent auquel se heurte le héros, face à sa famille mais aussi face à sa nouvelle petite amie allemande et qui est résumé par une phrase prononcée par son grand-père « officiel » sur son lit de mort : « l’essentiel c’est l’oubli, tout savoir pour oublier parce que la vie est dans l’oubli… ».
Fabrice Humbert s’est certainement souvenu de la postface de « si c’est un homme » (Primo Levi), signée par Angelo Rinaldi : « …si la littérature n’est pas pour rappeler les morts aux vivants, elle n’est que futilité. »

Publié dans : Actualité | le 27 octobre, 2009 |Pas de Commentaires »

Le sacri-fils

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Epilogue attendu dans « l’affaire de l’EPAD » : le fils se retire de la course à la présidence non sans réaffirmer qu’il ne lâche rien. L’incident est clos, l’honneur est sauf… A noter les efforts un peu pathétiques du conseil en communication de Jean Sarkozy qui, dans une stratégie caricaturale lui a fait endosser dans ses ultimes interventions télévisées, un accoutrement digne d’un cadre d’établissement financier de La Défense (cheveux courts, chatains, petites lunettes sages, swatch à 75 euros au poignet !…). Finies les mèches blondes romantiques de « Charmant ». Une façon de dire : « vous voyez, j’avais la capacité à me glisser dans la peau du rôle que vous me refusez… ». Aurait-il trop tardé à revêtir la robe de bure qui convenait ?

Publié dans : Actualité | le 23 octobre, 2009 |Pas de Commentaires »

Humanisme ou « pensée unique » ?

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Je suis, évidemment, opposé à la promotion de l’anorexie sous toutes ses formes et notamment dans la représentation de la femme que la publicité et la mode mettent en scène. Néanmoins, cette cause atteint ses limites quand il s’agit – comme c’est le cas cette semaine – de fustiger des annonces Ralph Lauren (cf. ci-dessus). De toute évidence, l’intention est ici de « construire » un territoire de communication pour la marque en utilisant des images à caractère unique. Ces photos, au-delà d’images retouchées sont des illustrations au même titre que les images autrefois conçues par Jean-paul Goude (la technique a évolué et on est passé du montage d’ektas à photoshop) qui n’ont pas la prétention de vouloir faire croire à une quelconque réalité.

L’outrance des images de Ralph Lauren est une outrance assumée comme telle. Comme d’habitude, l’enfer est pavé de bonnes intentions et il ne faudrait pas que les excès liés à une cause juste deviennent un frein à la création, une forme de censure insidieuse. Imaginerait-on reprocher à Giacometti d’encourager l’anorexie ou à Balthus de promouvoir la pédophilie ?

Publié dans : Actualité | le 17 octobre, 2009 |Pas de Commentaires »

Sacré Mougeotte !

Un édito inouï ce matin dans Le Figaro, signé d’Etienne Mougeotte ! Son ton est digne des grandes heures de La Pravda. Tout y est : le ton paternaliste (« la fin de la récréation »), la mise en perspective des vraies priorités qui devraient mobiliser la France et les Français en opposition aux « turlupinades » de la politique (?) qui égarent les Français. Mais le mieux vient à la fin quand Mougeotte, par l’emploi du « on » (nous), se prend carrément pour le Premier Ministre, avec le pouvoir de nommer et de démettre les ministres qui ne seraient pas conformes à la charte sarkozienne.

Je ne résiste pas à citer ci-dessous le fameux édito :

« Alors que la plupart des chefs d’État étrangers tentent de sortir leur pays du marasme, les Français se régalent des polémiques qui touchent successivement les membres du gouvernement. Il serait temps de passer aux choses sérieuses. Par Étienne Mougeotte

Les Français sont épatants !
Pendant que Vladimir Poutine négocie pour 100 milliards de dollars de contrat avec la Chine.
Pendant que Barack Obama mêle de front une réforme historique du système de santé américain et la redéfinition du rôle de l’Amérique dans le monde.
Pendant que Lula conjugue le développement accéléré du Brésil et l’entrée de son pays dans le concert des nations.
Pendant que la plupart des pays, petits ou grands, mobilisent leurs énergies pour vaincre la plus grande crise économique que le monde ait connue depuis cent ans, nos sympathiques compatriotes se délectent d’un petit jeu de massacre aux cibles tournantes.

De la vidéo de Brice Hortefeux aux écrits passés de Frédéric Mitterrand, en passant par l’élection de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad, c’est tout de même bien l’écume des jours qui nourrit ces polémiques publiques.
Comme si, un peu à la manière dont les chansonniers traitaient de l’actualité au siècle dernier, on ramenait le débat politique à l’apparence et au dérisoire pour éviter de traiter les vrais sujets.

Le président de la République s’efforce dans l’interview que nous publions vendredi de siffler la fin de la récréation, alors qu’il aborde son «mi-mandat» dans une bien meilleure situation personnelle que chacun de ses prédécesseurs de la Ve République. Il est bien normal que l’opposition, sans projet, sans programme, sans leader, fasse ses choux gras de chaque couac de l’exécutif.

Encore que si le Parti socialiste veut espérer reconquérir l’Élysée, il serait bien inspiré de traiter des vrais sujets de préoccupation des Français, plutôt que des ratés de la fanfare gouvernementale.

À ce propos, si certains ou certaines ministres se sentent mal à l’aise au gouvernement, la porte est grande ouverte. On ne les retiendra pas. Quant à la majorité parlementaire, députés et sénateurs confondus, on lui recommande la lecture de l’interview du président. La volonté du chef de l’État de revenir aux fondamentaux du sarkozysme est claire : défense de l’appareil industriel, priorité à la croissance, refus d’augmenter la pression fiscale, sévérité sur l’immigration, renforcement de la sécurité. Voilà de quoi faire réfléchir celles et ceux dans la majorité qui voudraient subrepticement supprimer le bouclier fiscal, saborder la réforme des collectivités ou enterrer la taxe carbone. Car, si les Français s’amusent volontiers un instant des «turlupinades» de la politique, ils s’attendent surtout à ce que ceux qu’ils ont élus s’attaquent aux graves problèmes du moment. »

Publié dans : Actualité | le 16 octobre, 2009 |Pas de Commentaires »

Jean Sarkozy est un enfant gâté : à 15 ans, l’IPOD, à 23, l’EPAD.

La « nomination » de Jean Sarkozy est évidemment scandaleuse et déborde bien au-delà de nos frontières. Mais cette risée internationale n’est pas le seul « dommage collatéral » de cette affaire : que dire en effet de l’effet démobilisateur auprès des familles dont les enfants, malgré leur réussite aux examens, peinent à trouver un stage non rémunéré alors qu’un de leurs camarades de classe, cancre parmi les cancres, est propulsé à la tête du plus gros quartier d’affaires européen…

Mais comment en vouloir à notre ami Jean d’accepter de fouler le tapis rouge que tous les courtisans (ou ceux qui voudraient le devenir) déroulent sous ses pieds depuis des années pour lui permettre d’accéder, rapidement et sans se salir les pieds, aux plus hautes marches du pouvoir ? Il ne s’agit, en effet, nullement de népotisme, comme on l’a maintes fois entendu depuis quelques jours, mais d’un phénomène qui échappe en partie à la « famille règnante » et qui est le fait de ceux qui veulent se faire bien voir du roi. L’allégeance d’une grande partie des journalistes à l’égard du pouvoir procède de la même « mécanique courtisane » : nul n’est besoin  pour Sarkozy de pratiquer la censure puisque l’auto-censure fonctionne à merveille…

Publié dans : Actualité | le 14 octobre, 2009 |Pas de Commentaires »
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